vendredi 16 décembre 2016

Les préjugés sur l’éducation : les fessées et les punitions ont toujours existé, pourquoi on veut tout remettre en question aujourd’hui ?!

 Beaucoup de personnes croient que les fessées ont toujours existé et ne comprennent donc pas pourquoi on veut remettre cette pratique en question.

Tout d’abord, il est faux de croire que depuis la nuit des temps, on punit et frappe les enfants ! Pendant longtemps, on a cru que l’homme a toujours été violent, que les guerres ont toujours existé. C’est faux !

A l’origine, l’homme était une espèce pacifiste, et oui ! Ce sont les anthropologues et archéologues qui l'ont découvert récemment

L’homme n’est violent que depuis le néolithique, soit depuis 12 000 ans. Voici un extrait de cet article : « A la suite d’Olivier Maurel, Cornelia Gauthier (psychothérapeute) considère que la violence éducative apparaît dans l’histoire de l’humanité dans le sillage de la sédentarisation. «Le nombre de naissances augmentant par rapport aux sociétés de chasseurs-cueilleurs, les enfants plus âgés ont dû être sevrés pour que les plus jeunes puissent être allaités. Cela a dû créer de l’agressivité chez les aînés, qui ont commencé à taper sur leurs cadets. La mère, que les hormones liées à l’allaitement rendent hyperagressive si l’on touche à son bébé, a dû commencer alors à taper sur son aîné… C’est une hypothèse plausible pour expliquer l’apparition du cycle de la violence dans le cercle familier.» »

Je cite également un extrait du livre La fessée d’Olivier Maurel :
« Les sociétés humaines sans écriture pratiquaient-elles le châtiment corporel ?
D’après le témoignage d’ethnologues, un bon nombre de sociétés de chasseurs-cueilleurs observées au 20ème siècle en Amérique, en Afrique et en Océanie ne punissent pas les enfants. Comme l’humanité a vécu environ les huit dixième de son existence au stade de la chasse et de la cueillette, cela tendrait à prouver que la pratique de la violence éducative n’est pas une pratique innée et ne date que du néolithique, 10 000 ans avant notre ère, qui est aussi le moment où apparaissent les premiers témoignages de conflits meurtriers.
Mais plus les sociétés humaines ont évolué et ont adopté des conduites éloignées de leurs comportements innés, peut-être en particulier au moment du passage à l’agriculture et à l’élevage, plus les hommes ont dû être amenés à imposer des contraintes aux enfants, comme par exemple d’aller garder les troupeaux loin du village, voire des épreuves douloureuses (rites d’initiation ou sacrificiels) auxquels les comportements biologiquement programmés ne les préparaient évidemment pas. L’emploi de la force et de la violence aurait alors été nécessaire pour faire céder la résistance des enfants.
 Dans un second temps, les enfants qui avaient subi ce traitement ont pu trouver naturel et nécessaire, par compulsion de répétition, de l’appliquer à leurs enfants. Le cycle de la violence « éducative » se trouvait ainsi programmé de façon comportementale au cours de son éducation dans le cerveau même de tout enfant qui en avait été victime. »

Savoir que les punitions et autres châtiments corporels n’ont pas toujours existé permet de comprendre plus facilement qu’il est possible d’éduquer les enfants sans recourir à cela.

Mais il y a une autre raison pour mettre fin aux violences éducatives ordinaires : les récentes découvertes du cerveau et notamment l’impact sur celui-ci des violences subies durant l’enfance.
J’ai déjà posté sur mon blog des vidéos de Catherine Gueguen où elle explique le fonctionnement du cerveau des enfants et des effets nocifs des VEO sur celui-ci : Les neurosciences et le développement de l'enfant et une vidéo qui explique le fonctionnement du cerveau des enfants .

Pour résumer, quand on se sent attaqué, quand notre cerveau détecte un danger, ou un stress, ça fait déclencher nos mécanismes de défense : la fuite, l’attaque ou le figement.
Ces mécanismes peuvent avoir un impact sur le comportement des enfants : non respect des consignes, enfant opposant, évitement, mensonge pour ne pas assumer ses erreurs, être dans la lune, traîner pour aller au lit, crise, colère, oubli des leçons, traîner le matin avant d’aller à l’école, faire de la provocation. L’enfant se braque pour se protéger.
Dans ces cas, il faut contourner le bouclier de défense de l’enfant, il ne faut pas rentrer en conflit avec lui. Il faut rester calme, comprendre le comportement de l’enfant par le dialogue, en le questionnant.
Donc, quand on crie sur un enfant, quand on le menace de le punir, quand on le frappe, son cerveau détecte un stress et déclenche soit une réaction d’attaque (vilains mots, arrogance « j’m’fous », crises, coups…), de fuite (enfant dans la lune, très agité, fuite physique) ou de figement (enfant immobile quand on le gronde).

J’ai déjà écrit des articles sur les effets nocifs des VEO sur le corps et le cerveau et sur le psychisme, notre santé, les abus sexuels et les violences conjugales et comment guérir son enfant intérieur pour ne plus y recourir.
J’ai également déjà écrit un article sur les effets nocifs des punitions les effets nocifs des punitions
Il faut savoir que punir un enfant qui a enfreint une règle ou a eu un comportement inapproprié est parfaitement inefficace car cela revient à s’attaquer aux symptômes et non à la cause du problème. C’est comme si vous aviez une rage de dents et préfériez prendre du doliprane plutôt que d’aller chez le dentiste faire soigner votre dent : certes, ça ira mieux sur le moment mais la douleur reviendra inévitablement tant que vous ne serez pas allé chez le dentiste !
Pour connaître les alternatives aux punitions, voici mes articles à ce sujet :
Répondre aux besoins des enfants
Exprimer nos besoins et émotions
Connaître les phases de développement de l'enfant
Utiliser les conséquences
La résolution de conflits sans perdant

J’ai également écrit des articles où j’explique pourquoi il est préférable de susciter la coopération des enfants plutôt que leur demander de nous obéir
Et comment faire pour susciter cette coopération :
Pourquoi les méthodes traditionnelles ne fonctionnent pas ?
Les 4 étapes selon la discipline postive de Jane Nelsen
Les habiletés de Faber&Mazlish

Quand on sait les impacts des punitions et autres VEO sur nos enfants, est-ce finalement vraiment cela qu’on souhaite pour eux ? Non ! Même si de plus en plus de parents s’intéressent à l’éducation bienveillante, ce n’est pas encore assez et beaucoup de parents gaspillent énormément de temps et d’énergie à essayer de dresser leurs enfants en croyant les éduquer. Faire circuler l’information sur des méthodes moins coercitives et plus efficaces est sûrement le plus grand service qu’on puisse leur rendre.