mardi 13 décembre 2016

Les préjugés sur l’éducation : c’est à cause de l’éducation bienveillante que les enfants deviennent des délinquants

 
Toujours suite à mon article sur "Super nanny", certaines personnes m'ont laissé comme commentaire que c'est mon éducation qui fabrique des délinquants. J’ai déjà expliqué en quoi l'éducation bienveillante n'a rien à voir avec du laxismePour dire que c’est l’éducation bienveillante qui fabrique des délinquants, il faudrait encore le prouver ! Et ces personnes vont avoir du mal à le faire !
En effet, il suffit de lire dans les journaux l’enfance des personnes qui peuplent nos prisons pour vite se rendre compte que « bienveillance » est un mot inconnu d’eux. Les détenus ont quasi tous été éduqués dans la violence, sous toute ses formes : violence physique (fessées, gifles, voire coups avec des objets, avec les poings, avec les pieds…), violence verbale (humiliations, dévalorisations des enfants « tu es nul », « tu n’arriveras jamais à rien de bien dans la vie »…), violence psychologique (parents absents, parents démissionnaires…).
Rien à voir avec l’éducation bienveillante !


J’ai déjà écrit des articles sur les effets néfastes des châtiments corporels sur le corps et le cerveau et sur le psychisme, notre santé, les abus sexuels et sur les violences conjugales

Voici quelques extraits du livre La fessée d’Olivier Maurel qui permettent de bien comprendre que c’est la violence des parents qui amène la violence chez leurs enfants et non l’éducation bienveillante :

« Les châtiments corporels peuvent-ils pousser un enfant à la violence ?
75% des Français pensent que la violence à l’école est due, avant toute autre cause, au manque d’autorité des parents. Et beaucoup pensent que cela vient du fait que les parents ont renoncé à frapper. Or, de nombreuses études, dont celles, américaines, du Dr Welsh, de Bridgeport (Connecticut), et celles des psychologues Ronald Slaby et Wendy Roedell, ainsi qu’en France celle de Marie Choquet, du CNRS, montrent que « lorsqu’un jeune manifeste une grande violence, il faut rechercher les antécédents de violence subie (…) on a constaté une forte liaison entre toutes les formes de violence (sur soi, sur autrui et subie) » (Rapport de Marie Choquet). Le délinquant le plus agressif est celui que a été le plus battu. Et d’après Philip Greven, les châtiments infligés par les parents se sont trouvés corrélés positivement avec l’agressivité des enfants dans plus de vingt-cinq études menées sur des enfants. Frapper un enfant, c’est lui ouvrir, large comme une autoroute, la voie de la violence et lui rendre difficile la voie du respect des autres. Respecter un enfant, c’est lui faire apparaître le respect des autres comme un comportement normal et aisé, et la violence comme un comportement aberrant. »

« Comment naît le réflexe conflit-violence ?
Un des effets les plus graves de la résolution des conflits parents-enfants par la violence, même si cette violence est de faible niveau (tape, petite gifle…), c’est qu’elle met en place dans le psychisme de l’enfant l’association conflit-violence. Elle crée chez les enfants une impulsivité violente : dès que la tension du conflit se fait sentir en eux elle provoque des réflexes violents par simple reproduction des conflits qu’ils ont vécus dans leur petite enfance. Or, la distinction, la séparation entre conflit et violence est capitale. Le conflit est inévitable et normal : individuellement et collectivement, nous avons des désirs, des volontés, des besoins différents ou semblables qui nous mettent en opposition les uns avec les autres dans la vie de famille comme dans la vie sociale. Mais ce qui est évitable et anormal, c’est que les conflits en arrivent à se régler –s’ils se règlent ! – par la violence. Nous sommes des êtres dotés de sensibilité, d’intelligence et de langage : c’est par ces moyens que nous devons apprendre à régler les désaccords et à comprendre qu’un conflit dépassé peut être un enrichissement dans la relation. Cela doit s’apprendre très tôt, dès la petite enfance. C’est sans doute même un des plus beaux rôles des parents que d’apprendre à leurs enfants à régler intelligemment leurs conflits. Ils les prépareront ainsi à devenir des adultes, des citoyens, capables de faire de la société dans laquelle ils vivront une société plus pacifique où les conflits se règleront sans violence. »

« Et si la violence des banlieues avait quelque chose à voir avec les châtiments corporels ?
On cite toutes sortes de causes à cette violence, mais presque jamais la première violence que la plupart des enfants subissent dès le plus jeune âge de la part des modèles que sont pour eux leurs parents. Pourtant, il est évident que dans les banlieues comme partout ailleurs, et même dans les banlieues plus qu’ailleurs, les parents frappent les enfants. Les familles qui habitent les banlieues sont souvent de milieux populaires où les châtiments corporels sont traditionnellement utilisés. Elles sont souvent originaires d’Afrique, continent où sévit la bastonnade. Soit les parents continuent à l’utiliser, et dans ce cas la violence a sur leurs enfants l’effet que l’on a vu ci-dessus. Soit ils renoncent à ce moyen d’éducation de peur d’être dénoncés aux services sociaux (c’est le « syndrôme du numéro vert »), et comme ils n’ont l’expérience d’aucun autre moyen d’éducation, ils ne savent plus comment élever leurs enfants. « Quand j’étais petite, on me mettait du piment dans les yeux pour me calmer. Ici, on nous l’interdit. Alors, au lieu de trouver un juste milieu entre les deux cultures, on a baissé les bras. Et aujourd’hui, nos petits de treize ans se mettent à devenir des bandits » (Propos d’une mère de famille d’une cité de l’Essonne, Le Monde, 14 novembre 2000). Dans les deux cas, violence ou laisser-aller (le plus souvent accompagné aussi de violences), le résultat est la violence sur soi (par la drogue par exemple) ou sur les autres. »

Je vais vous donner une autre preuve que l’éducation par la violence ne fonctionne pas.
C’est « Franck » qui me l’a livré à travers un commentaire qu’il a laissé sur l’article de "Super nanny". Je précise que j’ai signalé cette personne auprès de la police et qu’une enquête est en cours pour la retrouver et vérifier s’il s’agit d’une plaisanterie de très mauvais goût ou de sa réelle façon d’éduquer ses enfants. Je rappelle qu’en France, 2 enfants meurent sous les coups de leurs parents chaque jour !!!
 « Franck » écrit au début de son message :
« Moi perso, je mettrais des tartes dans la gueule pour moins que ça.
D'ailleurs, j'en ai reçu, j'ai jamais porté plainte ni détesté mes parents. ».
Puis il écrit à la fin de son message :
« Même si mon père m’a mis des patates dans la gueule une fois à 16 ans, après avoir ramené 2 fois de suite les flics à la maison ! »
Bon, soyons logique 2 minutes : si « Franck » a ramené deux fois les flics à la maison à 16 ans, c’est que les « tartes » et autres « patates dans la gueule » qu’il s’est pris étant petit n’ont pas vraiment « fonctionné » pour son éducation alors !!! Personnellement, même si j’ai reçu des fessées, c’était quand même moins violent que ce qu’il a reçu et je n’ai jamais ramené les flics chez moi, ni mon frère, ni ma sœur d’ailleurs.
Dans le milieu de son message, il décrit « son code de l’éducation ». Pour des raisons de respect de la sensibilité de mes lecteurs, je ne laisse pas son message ici car c’est vraiment très violent. En gros, il prétend que le dressage dès la naissance est efficace sur les enfants, et pourtant, il préconise, au fur et à mesure que l’enfant grandit, d’aggraver les sévices infligés et même de recourir à la maltraitance !!! Donc là encore, il y a une grosse incohérence dans ses propos : si le dressage dès le plus jeune âge fonctionnait vraiment, comment explique-t-il qu’il est obligé de recourir à la maltraitance plus tard sur ces enfants ?! Ce n’est vraiment pas logique !!!!

Mes enfants ont 4 et 5 ans et je n’ai pas besoin de recourir à ce qu’il préconise à cet âge là pour me faire entendre d’eux ! Comme quoi, l’éducation bienveillante « fonctionne » mieux que la violence pour éduquer un enfant !

Que deviennent alors les enfants éduqués selon les principes de l’éducation bienveillante ou positive ? Des ados et adultes tyrans ? Des petits voyous qui crachent sur leurs parents et ne respectent rien ? Ou des personnes plutôt bien dans leur peau et respectueuses des autres ? Pour le savoir, je vous invite à lire mes articles sur les adolescents et l’éducation bienveillante : 1ère partie et 2ème partie avec des témoignages de parents