mardi 18 avril 2017

Les comportements dérangeants des enfants : les autres causes possibles



Il y a d’autres raisons aux comportements dérangeants de nos enfants que nous allons voir ici.

Le défaut d’information

Votre enfant de 3 ans a dessiné sur le mur du salon, votre enfant de 5 ans ne remet pas le lait dans le frigidaire après s’en être servi…

Peut être s’agit-il tout simplement d’un manque d’informations concernant votre enfant. Certaines choses sont évidentes pour nous les adultes mais pas pour les enfants. Dans certaines crèches ou écoles maternelles, il y a des grandes feuilles accrochées aux murs pour permettre aux enfants de dessiner dessus. C’est donc tout naturellement que votre jeune enfant va dessiner sur le mur de votre salon ou de sa chambre. Il exprime sa créativité. Dans ce cas, il convient d’informer votre enfant qu’à la maison, il est interdit de dessiner sur les murs mais qu’il peut le faire sur du papier. Pensez également à bien mettre le papier à sa disposition.

Il en est de même pour l’enfant qui ne remet pas le lait ou le jus d’orange dans le frigidaire. Il ne sait tout simplement pas que ça tourne et que ce n’est plus bon à la consommation ensuite. Bien sur, au début, il faudra souvent lui rappeler de remettre les affaires dans le frigidaire. Mais avec l’explication, il retiendra plus facilement la consigne car il comprendra mieux l’importance de respecter la chaîne du froid.

Autre exemple : vous allez faire les courses ou allez déjeuner chez de la famille et vous savez par expérience que ça va mal se passer avec vos enfants. Parfois, le simple fait de leur expliquer avant de partir le comportement qu’on attend d’eux (sans menace de punition bien sur) suffit pour arrêter les mauvais comportements.

Le manque d’attention

Les enfants ont tous besoin d’attention. Certains plus que d’autres. Mais souvent, quand nos enfants ont un bon comportement, nous ne le relevons pas. Nous ne relevons que les mauvais comportements. Les enfants en manque d’attention comprennent alors vite que pour attirer l’attention des parents sur eux, ils doivent mal se comporter car les enfants préfèrent attirer une attention même négative sur eux que pas d’attention du tout.

Pour que l’enfant arrête d’attirer de l’attention négative sur lui, il est important de souligner ses bons comportements et de lâcher prise sur certains comportements dérangeants.
Pour lui donner de l’attention positive, il n’est pas nécessaire d’en faire des tonnes et de le féliciter pour tout et n’importe quoi. Mais simplement faire une description détaillée de ce qu’il a fait et de ce que vous appréciez.
Vous pouvez aussi exprimer votre gratitude pour une tâche qu’il vous a aider à faire : « merci d’avoir fait la vaisselle, ça m’a vraiment rendu service car j’étais fatiguée ce soir. »

Il convient également de lâcher prise sur certains comportements dérangeants de votre enfant pour ne pas rentrer dans son jeu de lui donner de l’attention quand il a un mauvais comportement. Bien sûr, s’il se met en danger ou s’il tape, mord, insulte quelqu’un vous devez intervenir.
Mais pour d’autres comportements tels que le refus de manger, d’aller se coucher, de se laver, de faire ses devoirs, de s’habiller…. Vous pouvez aussi le laisser vivre les conséquences de ses décisions.. Bien sûr, prévenez-le des conséquences ou faites le réfléchir à ce sujet au préalable.
Pour un jeune enfant, vous pouvez lui dire (calmement, sans vous énerver) : « Je vois que tu ne manges pas. Tu n’as peut être pas faim. Mais le prochain repas est dans x heures et tu risques d’avoir faim d’ici là car il n’y aura pas d’en-cas. Tu es sur que tu ne veux pas manger ? »
Pour un enfant plus grand, vous pouvez l’amener à réfléchir « A ton avis, qu’est-ce qui risque de se passer si tu ne fais pas tes devoirs/tu te couches trop tard… ? »

L’enfant couve une maladie

Parfois, nos enfants ont des comportements que nous ne comprenons pas pendant plusieurs jours et on finit par les prendre pour des caprices et par s’énerver après eux alors qu’ils étaient en fait en train de couver un rhume ou une maladie.
Dans la maladie, il y a plusieurs phases :
Les 4 phases de l’évolution d’une maladie infectieuse sont :
-         la phase d’incubation : les symptômes de la maladie ne sont pas encore apparent.
-         la phase d’invasion : apparition des signes généraux (fièvre, fatigue…). On sent bien qu’on couve quelque chose mais on ne sait pas encore quoi. C’est lors de cette phase et de la précédente que les enfants peuvent avoir des comportements dérangeants sans que l’on sache pourquoi.
-         la phase d’état : apparition des signes spécifiques (boutons…).
-         la phase de convalescence et la phase de terminaison : disparition des symptômes de la maladie et guérison.

J’ai déjà eu le cas, à plusieurs reprises, d’enfants avec un comportement différent de d’habitude pendant 2 semaines : grognon, moins d’appétit, réveils nocturnes, cris diurnes… En fait, ces enfants couvaient la varicelle. J’ai déjà eu le cas aussi d’un enfant qui parfois avait des difficultés à manger pendant 2/3 jours. En fait, il couvait un rhume.

L’attachement sécure ou insécure

Je n’ai encore que très peu parlé de l’attachement dans mon blog. L’attachement est indispensable pour la survie de l’espèce. « Un bébé seul n’existe pas » disait Winnicott.
La théorie de l’attachement a été fondée par John Bowlby, pédopsychiatre et psychanalyste d’enfant anglais au début des années 1960.
Les enfants ont plusieurs figures attachement : la principale figure d’attachement qui est en général la maman et les autres figures d’attachement qui sont secondaires mais néanmoins importantes et qui représentent toutes les personnes que les enfants côtoient régulièrement : le papa, les grands-parents, les frères et sœurs, l’assistant maternel ou référent de crèche, l’enseignant, les professeurs, les amis, les camarades de classe, le moniteur de sport…. Bref, beaucoup de monde !
Il existe plusieurs types d’attachement : l’attachement sécure à la principale figure d’attachement, qui représente 60% des cas dans le monde. Selon Nicole Guedeney dans L'attachement - Un lien vital : « C’est la qualité optimale de l’attachement : les besoins d’attachement sont exprimés librement. (…)
L’attachement sécure à douze mois est prédictif d’un développement émotionnel, cognitif et social de meilleure qualité : confiance en soi, sentiment de compétence personnelle, empathie et compétences sociales. »

« Quand l’environnement ne répond pas de manière adéquate à l’expression des besoins d’attachement du jeune enfant mais continue de le protéger, l’enfant développe des stratégies d’adaptation, une sorte de compromis entre ce dont il a besoin et ce que ses figures d’attachement peuvent lui donner ou peuvent tolérer de ses besoins. Ce sont les attachements dits insécure observés dans 30% des cas en population générale. »

Il existe l’attachement insécure évitant (20% de la population générale) : ces enfants ont peu de manifestations affectives. Ils paraissent autonomes alors qu’ils sont en fait très stressés !

Il existe aussi l’attachement insécure ambivalent/Résistant (10% de la population générale) : « c’est un ensemble de stratégies comportementales, cognitives et attentionnelles qui contribuent à une maximisation des besoins d’attachement, au détriment des capacités d’exploration. (…) Ces enfants expriment des comportements de détresse qui sont à la fois des comportements d’attachement et des indices de souffrance psychologique : leurs indicateurs biologiques de stress restent élevés même en présence de leur figure d’attachement. »

Enfin, il existe l’attachement désorganisé (qui représente 10% de la population générale). « Ces enfants (…) présentent des séquences comportementales contradictoires (par exemple un mélange de résistance et d’évitement qui donne le sentiment d’absence de stratégies) ou des manifestations de désorganisation (par exemple un figement, des stéréotypies) ou encore de peur (manifestations d’appréhension en regardant le visage de la figure d’attachement). (…). Cet attachement désorganisé représente une vulnérabilité en soi prédictive de troubles cognitifs, émotionnels et du comportement.»

Mesdames, sachez aussi que vos enfants auront plus tendance à décharger sur vous toutes leurs frustrations de la journée du fait que vous êtes la principale figure d’attachement ! Pas facile tous les jours mais il vaut mieux le savoir !



Pour en savoir plus sur l’attachement : 


et le livre de Nicole Guedeney : L'attachement - Un lien vital

Le besoin d’appartenance

L’appartenance à un groupe fait parti des besoins dans la pyramide des besoins de Maslow. Pour un enfant, le fait de participer aux tâches ménagères qu’il aura lui-même choisies lui permet de combler ce besoin d’appartenance à sa famille et de diminuer les comportements dérangeants. Il se sent ainsi utile et cela l’aide à développer son esprit de coopération.

Les troubles DYS, TDAH, HP…

Si vous rencontrez des difficultés avec vos enfants chez vous et qu’il rencontre également des problèmes à l’école (difficultés d’attention, difficultés pour se faire des amis, mots des enseignants) ou si vous voyez que votre enfant n’a pas l’air bien dans sa peau, n’hésitez pas à consulter un psy (pédopsychiatre, psychothérapeute, psychologue).
Il se peut que votre enfant souffre d’un trouble qu’il identifiera au bout de plusieurs consultations et de quelques tests.
Je ne vais pas détailler ici les symptômes ou les signes qui peuvent faire croire un à trouble DYS (dyslexie, dysorthographie…), un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou un haut-potentiel (surdoué) car ils sont divers et variés et le mieux est vraiment l’avis d’un spécialiste.

Petit bonus pour vous mesdames

Vous avez remarquez que vos enfants écoutent mieux leur papa que vous ? Ce n’est pas parce que vous n’avez pas d’autorité comme ils vous le disent peut être plus ou moins souvent. Non, non, ce sont pour d’autres raisons que je fais vous expliquer ici (l’heure de votre revanche a sonné).

Alors tout d’abord, certains papas ne rencontrent soit disant « aucun problème » avec leurs enfants tout simplement parce qu’ils utilisent la peur : ils ont une grosse voix, ils sont grands, parfois imposants physiquement. Sur ce terrain là, on ne peut pas trop rivaliser avec eux. Mais ce n’est pas grave ! Car la peur ne fonctionne qu’un temps (ben oui, les enfants grandissent mais plus les parents !)

Comment faire alors pour se faire entendre de nos enfants sans leur faire peur et alors qu’on est une femme ?

Sachez que si vous avez tendance à avoir une voix plutôt aiguë, cela stresse les enfants ! Et qui dit stress dit « attaque, fuite ou figement » mais pas coopération… Donc essayez de baisser votre voix d’une octave ou deux. Ne faites pas non plus la grosse voix d’un homme ! Il faut que votre voix reste naturelle mais si on s’énerve avec une voix aiguë, on se retrouve à crier et on n’a donc aucune autorité dans la voix ou dans le ton.

De plus, si vous vous adressez de loin à votre fille, le simple fait d’entendre votre voix (même sans vous voir) l’apaisera.
Mais si vous vous adressez de loin à votre fils, le fait d’entendre votre voix sans vous voir le stressera. Donc là encore « attaque, fuite ou figement » mais pas coopération… Quand vous vous adressez à votre fils (ou à un garçon en général), il faut qu’il vous entende ET qu’il vous voit, le mieux est même d’établir un contact physique avec lui comme une main dans le dos. 

Voilà, j'espère vous avoir donné des pistes sur les causes des comportements dérangeants de nos enfants et comment mieux y répondre pour les faire cesser. La semaine prochaine, j'écrirai un article sur des outils pour aider nos enfants à mieux gérer leur stress.