mardi 11 avril 2017

Les comportements dérangeants des enfants : Et si l’alimentation était la responsable ?



L’alimentation peut entraîner des troubles du comportement de nos enfants. C’est le cas lorsque les enfants mangent du sucre raffiné, certains colorants et additifs, du lait ou du gluten.


Le sucre

Un français consomme en moyenne 35kg de sucre par an.
Quand on mange beaucoup de sucre, on se retrouve avec un pic de glycémie dans le sang. On est alors plein d’énergie.
Puis, notre pancréas sécrète de l’insuline pour éliminer tout ce sucre de notre organisme et on se retrouve alors en hypoglycémie, qui entraîne une sensation de faim et plus particulièrement une envie de sucre. Bref, le sucre est une véritable drogue et surtout, provoque des pics d’hyperglycémie puis d’hypoglycémie qui ne sont pas sans conséquences sur notre comportement, notamment sur celui des enfants.
Quand les enfants sont en hyperglycémie, ils risquent d’être énervés, plein d’énergie, de courir et sauter partout. Bref, ils ne tiennent pas en place.
Quand on est en hypoglycémie, on ressent de la fatigue, de l’irritabilité, des vertiges, des malaises, voire de l’angoisse. Bref, on se sent mal mais les enfants ne sont pas en capacité de dire ce qu’ils ressentent ni ce dont ils ont besoin et cela entraîne donc là aussi des troubles du comportement.
Si vous avez des enfants qui ont tendance à avoir dans la journée des moments où ils sont à fond suivis de moment où ils sont grognons ou à plat, il est fort possible qu’ils aient mangé trop de sucre et qu’ils ont un problème de glycémie dans leur sang.
Il est donc très important de vérifier les quantités de sucre présentes dans leur alimentation. L’idéal pour le petit déjeuner et le goûter est de donner aux enfants des produits qui contiennent maximum 20g de sucre pour 100g de produit. Et ce n’est pas si évident à trouver…

Pourquoi consommons-nous autant de sucre ? Selon Isabelle Filliozat dans Un zeste de conscience dans la cuisine: Dis-moi comment tu manges, je te dirai qui tu es, c’est « parce que c’est bon au goût et que cela donne du plaisir ! Le glucose stimule la production d’opioïdes naturels dans votre cerveau, une véritable drogue qui rend dépendant. Selon certains chercheurs, la faute en serait à un problème d’adaptation de nos papilles. Les deux récepteurs du doux situés en avant sur la langue nous viennent des temps ancestraux quand le régime comportait très peu de sucre, et ils ne se seraient pas adaptés à cette abondance de sucre du régime moderne. L’hyperstimulation de ces capteurs du doux génère des signaux de récompense excessifs dans le cerveau. Toujours est-il que la dopamine adresse le message « c’est bon, c’est super bon » aux récepteurs opioïdes du « circuit de la récompense » au niveau du noyau d’accumbens. Cette petite structure est appelée le « noyau du plaisir ». Sa stimulation induit une véritable addiction. (…)
Le sucre est susceptible de déclencher une véritable addiction. Car le problème avec ce noyau accumbens, c’est qu’une stimulation constante induit une augmentation du seuil de tolérance et vous devez sans cesse en consommer davantage pour obtenir le même effet. De plus, l’activation du circuit de la récompense a la priorité sur les zones permettant le self-control, vous voyez le souci ! ».

Attention, les aliments pour les petits déjeuners des bébés peuvent être également bourrés de sucre !  


Dans cette vidéo, vous trouverez aussi des idées de petits-déjeuners équilibrés.

Voici une autre vidéo pour le goûter : 



Bien sur, les autres raisons pour limiter le sucre dans l’alimentation de nos enfants sont l’obésité, le diabète, le cancer et les caries.

Attention, l’aspartame n’est pas une bonne alternative au sucre ! Le sucre peut être remplacé par du miel d'acacia, du sirop d’agave, du sucre complet, du sucre coco ou … des fruits, tout simplement.

Les additifs

Certains additifs peuvent entraîner des troubles dans le comportement des enfants. Depuis quelques années, le Parlement européen oblige les fabricants de produits qui contiennent au moins 1 de ces additifs d’afficher sur leurs emballages la mention suivante : « Peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention des enfants ». Ca veut tout dire ! Donc pensez à prendre une loupe avec vous la prochaine fois que vous ferez les courses et d’étudier les emballages (car c'est écrit en tout petit).


Le lait

Attention, je ne suis pas en train de vous dire qu’il ne faut pas donner de lait aux enfants de moins de 3 ans ! Mon article concerne les enfants qui ont plus de 3-4 ans.

Vous allez vous dire que c’est une drôle d’idée que d’arrêter de faire boire du lait à nos enfants à partir de 3-4 ans. Mais regardons les choses de plus prêt :
-         savez-vous que nous sommes la seule espèce animale sur cette planète à boire du lait d’une autre espèce animale que la nôtre ?
-         savez-vous que nous sommes la seule espèce animale sur cette planète à continuer à boire du lait après la période naturelle de sevrage ?
-         savez-vous que le lait de vache que nous buvons est, à l’origine, destiné aux veaux ?! Sachant qu’un veau n’a pas tout à fait la même croissance qu’un bébé ou un jeune enfant…
Avouez que c’est étrange quand même…

Boire du lait de vache est plus culturel qu’essentiel pour nos os ou notre croissance.
Une trop forte consommation de calcium entraîne des risques élevés de fracture des os (contrairement à ce qu’on veut nous faire croire…).
On n’a vraiment pas besoin de consommer 3 à 4 produits laitiers ou 900mg de calcium par jour (contrairement à ce qu’on entend dans une certaine pub qui est financée par… l’industrie laitière !)
Selon l’OMS, il ne faut pas consommer plus de 2 produits laitiers par jour (soit 500mg de calcium) !
En France, nous produisons bien trop de lait et il faut bien écouler les stocks à coup de publicités mensongères, et tant pis pour notre santé ! (Et encore, je ne vous explique pas comment les producteurs s’y prennent pour que les vaches produisent autant de lait !)

Il faut aussi savoir que le calcium (en bonne quantité) ne peut solidifier nos os que si nous avons un bon apport en vitamine D. Pour cela, il faut profiter du soleil (en protégeant sa peau) en été et limiter le sel dans notre alimentation.

Mais le lait de vache contient notamment de la caséine que certaines personnes, notamment des enfants, ne digèrent pas et cela entraîne des comportements tels que dyspraxie, dyslexie, hyperactivité, troubles du langage, violences, TOC, épilepsie, automutilations...

Dans son livre Un zeste de conscience dans la cuisine, Isabelle Filliozat écrit : « Le scientifique norvégien karl Ludvig Reichelt a été le premier à émettre l’idée qu’un dysfonctionnement du métabolisme pouvait empêcher la désagrégation de certaines protéines et causer des problèmes mentaux tels que le trouble de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH).
La caséine du lait contient des casomorphines, qui peuvent elles aussi aller se fixer sur les récepteurs opioïdes dans le cerveau et déclencher cette stimulation du noyau accumbens (…).
En Norvège, à Stavanger, un groupe de 23 jeunes de quatre à onze ans souffrant d’hyperactivité a été soumis en 1996-1997 à un régime alimentaire sans lait. Leurs urines contenaient des quantités anormales de peptide. Les résultats ont été spectaculaires. « Pour une enseignante, voir ces enfants incapables d’apprendre quoi que ce soit devenir réceptifs du jour au lendemain, c’est quelque chose de merveilleux », raconte Kristine Fosse, une éducatrice impliquée dans le projet.
Le lait n’est pas un aliment santé. Les jeunes qui ont des problèmes avec la loi boivent statistiquement deux fois plus de lait que les autres… En cause probablement les caséines opioïdes. Les protéines du lait de vache sont très peu digeste (tout au moins dans le lait homogénéisé). »

Pour couvrir nos besoins en calcium, rien ne vaut une alimentation variée et équilibrée. On trouve du calcium dans tous les choux, dans les sardines (avec les arrêtes), dans les fruits, dans les oléagineux (amandes, noix, noisettes…), les légumineuses et dans … l’eau !

On peut remplacer le lait de vache par des laits végétaux. Il en existe plusieurs : soja, amande, noisette, riz, avoine, coco... Chaque lait à ses propres propriété et il est intéressant de les varier. http://www.consoglobe.com/laits-vegetaux-alternatives-laits-animaux-3893-cg
Si au début vous avez des difficultés avec le goût, vous pouvez les couper avec du lait de vache et diminuer le lait de vache au fur et à mesure que vous vous habituez au goût.



Depuis quelques mois, j’ai nettement diminué les quantité de lait de vache chez mon fils qui avait alors 3.5 ans et mon mari et moi avons bien vu la différence dans son comportement ! Il est beaucoup plus calme depuis !

Le gluten

Attention, ne soumettez pas vos enfants à un régime sans gluten sans avoir au préalable consulté un nutritionniste.

Le gluten est présent dans le blé, l’avoine, l’orge et le seigle. De plus en plus de personnes y sont intolérantes du fait que le blé d’aujourd’hui n’est plus le même que celui d’hier et a subi des transformations génétiques.
Certaines personnes, et dont des enfants, sont sensibles (sans être intolérants) au gluten sans le savoir et cela entraîne des troubles du comportement.

Dans Un zeste de conscience dans la cuisine, Isabelle Filliozat écrit à propos du gluten « Si les peptides P1 et P2 du gluten étaient associés à des trais de comportements du spectre autistique, les peptides HK1 et HK2 pourraient être associés à certains comportements des enfants hyperactifs ou présentant des problèmes de socialisation ou d’opposition. (…)
Comment le gluten ou la caséine peuvent-ils avoir une telle incidence sur le comportement et sur l’humeur ?
Quand on fait entendre à des cochons des cris d’animaux menés à l’abattoir, on retrouve de grandes quantités de bactéries intestinales dans leur sang. Le stress rend l’intestin poreux ! La paroi intestinale est couverte d’un jardin de bactéries qui protègent les muqueuses, la flore intestinale. Une réaction de stress perturbe l’équilibre des bactéries. C’est la dysbiose. La flore ne jouant plus correctement son rôle, la paroi n’est plus si étanche. Sa porosité va permettre à certaines protéines de la franchir. D’autre part, les bactéries sécrètent des enzymes chargés de dégrader les macromolécules pour les rendre assimilables. En cas de dysbiose, certains enzymes disparaissent ou sont inactivés et ne font donc plus leur travail correctement. Les protéines du gluten sont constituées de différents peptides. Non dégradés, ces derniers passent à travers la barrière intestinale. Certains peptides sont opioïdes et vont donc se fixer sur les récepteurs neuronaux, déclenchant les réactions déjà décrites pour le sucre au niveau du noyau accumbens. Chacun peut être intolérant à tel ou tel peptide du gluten parce que ce n’est pas toujours le même enzyme qui manque. Les intolérants, on devrait dire sensibles, au gluten ont tendance à adorer pain, pâtisseries et pâtes. D’une part parce que le pain ne les nourrit pas du fait que les molécules passent la barrière sans être dégradées, d’autre part parce qu’elles stimulent le noyau accumbens. (…)
Quand un enfant est particulièrement opposant, agressif, hyperactif, ronchon, ou au contraire renfermé, silencieux ou dépressif, s’il a du mal à suivre à l’école, j’interroge ses parents sur son régime alimentaire et ce d’autant plus s’il a souvent mal au ventre ou du mal à s’endormir. Tout n’est pas psychique. Tout est psychosomatique, c'est-à-dire que les dimensions psychiques et somatiques sont intriquées. (…) Quand un comportement est lié à la consommation de sucre ou de gluten, la seule thérapie chez les psy est vouée à l’échec. L’enfant ou ses parents pourraient même être considérés comme « résistants » au traitement. Une fois l’équilibre bactériel et enzymatique du système digestif rétabli le psy pourra se pencher avec l’enfant et ses parents sur l’exploration du stress ayant occasionné la dysbiose. » (voir mon article sur le stress comme responsable des comportements dérangeants).

Pour conclure, je cite encore Isabelle Filliozat "Ces résultats montrent l'injustice dont nous faisons preuve quand nous punissons un jeune pour mauvais comportement ou parce qu'il n'arrive pas à se concentrer en classe, alors que nous sommes responsables de la manière dont il se nourrit."

Si vous souhaitez modifier votre alimentation ainsi que celle de vos enfants, il est en général conseillé d'y aller petit à petit plutôt que de changer du tout au tout du jour au lendemain. Expliquez à vos enfants que vous avez appris que le sucre, le lait de vache ou le gluten n'était pas bon pour leur santé et que c'est peut être ça qui entraîne des maux chez eux et diminuez progressivement les quantités.
Si vous avez peur que votre enfant se retrouve carencé en calcium ou autre, n'hésitez pas à consulter un nutritionniste.
A moins d'une intolérance, il n'y a pas besoin de soumettre vos enfants à un régime sans lait et sans gluten. Diminuer les quantités est suffisant pour voir la modification dans leurs comportements.
Même au niveau du sucre, le but n'est pas de priver votre enfant mais d'arriver à des doses de sucre plus gérables pour l'organisme.

Pour aller plus loin : 
Un zeste de conscience dans la cuisine: Dis-moi comment tu manges, je te dirai qui tu es d'Isabelle Filliozat. Il y a également des recettes de cuisine dans ce livre avec notamment des ingrédients alternatifs au sucre, au lait de vache et au gluten.

Pour en savoir plus sur les effets de notre alimentation sur notre santé, notamment sur le cancer, je vous conseille également le livre Anticancer de David Servan-Schreiber. Ce livre fait vraiment réfléchir sur ce que nous mangeons !