mercredi 27 avril 2016

VEO : Les effets des châtiments corporels sur le psychisme, notre santé, les abus sexuels et les violences conjugales






Cet article est la suite de celui-ci où je parle des effets des châtiments corporels sur le corps et le cerveau des enfants. où je parle des effets des châtiments corporels sur le corps et le cerveau des enfants.
Dans cet article, nous allons voir leurs effets sur notre psychisme, notre santé et sur les abus sexuels sur enfants et les violences conjugales.

Là encore, le but de mon blog étant de faire circuler les informations sur les effets néfastes des VEO et punitions, n'hésitez pas à partager cet article autour de vous car si les études prouvant ce que vous allez lire existent, elles ne sont malheureusement pas ou très peu connues en France. Certains parents ont arrêté de frapper leurs enfants après avoir lu le livre La fessée - Questions sur la violence éducative d'Olivier Maurel ou d'autres livres cités plus bas. Comme quoi, l'accès à l'information peut faire changer d'avis sur les VEO (pas toujours, des fois c'est plus dur, nous avons déjà vu cela ici et je suis actuellement en train de préparer d'autres articles plus approfondis à ce sujet).

Effet des châtiments corporels sur le psychisme

Les VEO laissent des traces psychologiques souvent indélébiles. Même des paroles répétées telles que « tu es nul, bon à rien, débile… », « Qu’est-ce que tu es maladroit ! Tu casses toujours tout », « Tu es tellement moche et incapable. Personne ne voudra de toi plus tard », « Je ne veux plus m’occuper de toi. Je ne suis plus ta mère (ou ton père) »… restent dans la mémoire de l’enfant et l’atteignent dans son estime de lui-même. Cela peut entraîner des angoisses, de l’insécurité, de la détresse.

Selon Catherine Gueguen dans Pour une enfance heureuse : repenser l'éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau, « l’amygdale, centre de la peur, est parfaitement mature dès la naissance. L’enfant petit n’a pas encore la possibilité de calmer son amygdale en se raisonnant et en prenant du recul. Cela explique qu’il peut être réellement terrifié par cette violence. De plus, les souvenirs de ces peurs vécues dans l’enfance vont rester fixés à vie dans son amygdale de façon inconsciente. Ces souvenirs de peur continuent à agir sur lui à l’âge adulte, et vont le perturber sur le plan psychique dans maintes circonstances. »

Toujours selon Catherine Gueguen, « 4 études datant de 2012 viennent confirmer les effets très négatifs des fessées et des gifles. Une étude canadienne (…) montre le lien entre les punitions corporelles durant l’enfance et le développement chez l’adulte de troubles de l’humeur (dépression, manie), troubles anxieux, dépendance à l’alcool, aux drogues, et développement de troubles de la personnalité, en particulier des troubles dissociatifs ». A ces troubles, on peut aussi ajouter le tabagisme, l’addiction au sucre, l’addiction aux sensations fortes, l’addiction aux jeux vidéos, les achats compulsifs…

Catherine Gueguen détaille également d’autres études, en voici le résumé : les enfants qui reçoivent des fessées entre 1 et 5 ans sont anxieux, dépressifs et présentent une augmentation très significative de leur agressivité. Il y a un lien entre fessée et troubles du comportements tels qu’agressivité, syndrome d’hyperactivité, délinquance et conduites anti-sociales. Les enfants qui ont reçu une éducation punitive développent très souvent une insensibilité, un cynisme, une dureté et une tendance au mensonge, contrairement aux autres (ceux qui ont été élevés de façon positive et empathique).

Pour ceux qui me répondront qu’il faut arrêter nos délires, qu’il y a une différence entre donner une fessée de temps en temps et maltraiter son enfant, je cite une autre étude que l’on peut trouver dans le livre La fessée - Questions sur la violence éducative, d’Olivier Maurel et dans le livre de Catherine Gueguen, les enfants giflés ou fessés fréquemment (plus de 2 fois par mois) à l’âge de 3 ans (âge où les enfants reçoivent le plus de fessées) courent plus de risques d’être agressifs, menaçants, cruels à l’âge de 5 ans : ils attaquent les personnes, détruisent leurs propres objets et ceux des autres, désobéissent, hurlent, provoquent et menacent.

Parmi les études citées ci-dessus ou dans les livres d’Oliver Maurel et Catherine Gueguen, plusieurs précisent avoir été réalisées sur des enfants recevant des coups 2 fois par mois ou plus. Elles n’ont pas été réalisées uniquement sur des enfants frappés durement quasiment tous les jours !
Donc pas besoin de frapper son enfant tous les jours pour obtenir ces résultats sur leur cerveau, une fessé de temps en temps, ça suffit !

Et pour ceux qui répondront qu’il y a sûrement moins de risques chez les enfants frappés de temps en temps, on peut répondre que dans la mesure où risque il y a, on le sait, pourquoi le prendre ?

Effets des châtiments corporels sur notre santé

Les châtiments corporels rendent plus vulnérable aux maladies ! Qui l’aurait cru ?
Là encore, c’est Olivier Maurel qui en parle dans ses livres. Il cite le rapport mondial sur la Violence et la santé publié à Genève en novembre 2002 par l’Organisation mondiale de la santé. Parmi les conséquences de la violence sur la santé de l’enfant, il énumère en vrac :
« Alcoolisme et toxicomanie, déficience intellectuelle, délinquance, violence et prises de risques, dépression et angoisse, retards de développement, troubles de l’alimentation et du sommeil, sentiment de honte et de culpabilité, hyperactivité, mauvaises relations, mauvais résultats scolaires, piètre estime de soi, trouble de stress post-traumatique, troubles psychosomatiques, comportements suicidaires et automutilation ».
Et à plus long terme :
« Cancer, affection pulmonaire chronique, fibromyalgie, syndrome du côlon irritable, cardiopathie ischémique, maladie du foie. »

Quel est le lien entre les VEO et ces prédispositions plus importantes aux maladies ?
Là encore, Olivier Maurel explique le lien de cause à effets dans ses livres.
« Les hormones du stress sont la principale cause des dégâts causés à l’organisme dans les cas de maltraitance.
En état de stress, en effet, l’organisme qui se prépare à la fuite ou à la défense désactive, si l’ont peut dire, toutes les fonctions, comme la digestion ou le système immunitaire, qui consomment de l’énergie et qui ne sont pas absolument indispensables face à un danger pressant. Une fois le stress passé, ces fonctions sont rétablies. Mais si cet effet est répété tout au long de l’enfance, parfois quotidiennement, comme cela arrive aux enfants frappés ou menacés de l’être, il finit par affaiblir le système immunitaire. Conséquences : infections, évolutions tumorales, destructions protéiques à l’origine de insomnies, amaigrissement, rétention d’eau et de sels, d’où hypertension artérielle et accidents cardiovasculaires, comportements anormaux, névroses, dépressions, etc… »

Olivier Maurel a mis en annexe du livre Oui, la nature humaine est bonne ! le résumé de plusieurs études qui ont démontré ces effets. Je ne le mets pas ici.
Un changement des mentalités sur les VEO ferait faire de sacrées économies à la Sécurité Sociale !

Effets des châtiments corporels sur les abus sexuels et la violence conjugale

Là encore, c’est un point très important qu’on peut trouver dans les livres d’Olivier Maurel dont il faut vraiment parler !

Olivier Maurel cite Jordan Riak : « Les enfants qui ont été frappés ne considèrent pas que leur corps leur appartienne. Les coups les habituent à accepter l’idée que les adultes ont un pouvoir absolu sur leur corps, y compris le droit de leur faire mal. Les fessées les convainquent d’autre part que leurs zones sexuelles sont soumises à la volonté des adultes. Il est peu probable que l’enfant qui se résigne à être battu le lundi dise « non » à un violeur le mardi. Les adultes qui ont été abusés ou exploités sexuellement le savent. Ils cherchent leurs victimes potentielles parmi les enfants à qui on a enseigné « si tu n’obéis pas, tu vas voir ce qui va t’arriver », parce qu’ils sont les cibles les plus faciles. » Il n’y a pas de preuves concernant cette hypothèse mais elle paraît vraisemblable.
Il en est de même concernant les violences conjugales, il n’y a aucune étude pour le prouver, mais on peut considérer que l’habitude d’avoir reçu des coups pendant leur enfance empêche beaucoup de femmes de réagir avec fermeté quand leur conjoint menace de les frapper ou les frappe.

Olivier Maurel dit « Quand le corps a été habitué à se soumettre aux coups du père ou de la mère, il a appris tout au plus le réflexe de se protéger, mais pas celui de protester avec la vigueur nécessaire pour stopper dès le début la moindre menace de violence. Or, c’est souvent la première réaction, résignée ou vigoureuse, qui détermine si une femme va savoir réagir à la violence de son compagnon ou va s’y soumettre. »

Pour aller plus loin sur les effets des VEO sur les enfants :
Oui, la nature humaine est bonne ! d'Olivier Maurel
La fessée - Questions sur la violence éducative d'Olivier Maurel
C'est pour ton bien : Racines de la violence dans l'éducation de l'enfant d'Alice Miller
Pour une enfance heureuse : repenser l'éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau de Catherine Gueguen