jeudi 7 avril 2016

Comment encourager l’autonomie de nos enfants ? 1/2





Le fait d’être dépendant des autres peut entraîner des sentiments d’impuissance, une baisse d’estime de soi, du ressentiment, de la frustration ou de la colère. C’est pourquoi il est important d’encourager nos enfants à être autonome. L’autonomie ainsi encouragée dès le plus jeune âge développera des adultes autonomes (qui savent prendre des décisions, faire des choix), responsables (qui assument les conséquences de leurs choix et de leurs actes) et épanouis.

Développer l’autonomie donne à l’enfant un sentiment d’efficacité personnelle (« je peux y arriver tout seul »), qui favorise sa confiance et son estime de lui-même et soutiendra sa motivation et sa persévérance face aux difficultés, notamment lors des apprentissages scolaires.
En devenant autonome, l’enfant acquiert aussi un sentiment d’importance et d’appartenance : il est capable de contribuer à la vie familiale et se sent à sa place dans ce premier groupe social auquel il appartient.

Comment faire ?

Les enfants ont naturellement une période du « moi tout seul » qui commence vers 2 ans/2.5 ans. Il est alors important de profiter de ce moment pour accompagner l’enfant dans sa demande d’autonomie (pour l’habillage, pour ranger les courses, pour manger…). Oui, ça demande plus de temps, non le résultat ne sera pas toujours parfait selon nos attentes. Ca demande donc du lâcher prise de notre part, d’accepter leurs erreurs et maladresses et d’avoir confiance en nos enfants.

Cela demande aussi de s'adapter à l'enfant : par exemple en lui achetant des vêtements et des chaussures qu'il peut mettre lui-même (donc exit les chaussures à lacets, les ceintures et bretelles et certains vêtements certes jolis mais pas facile à enfiler). Cela nécessite également de mettre à la portée de l'enfant certains accessoires, notamment pour qu'il puisse faire sa toilette tout seul...
Je vais également vous parler des habiletés qu’on peut trouver dans le livre de Faber&Mazlish Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

Présenter des choix à l’enfant

Les choix donnent à l’enfant une occasion valable de pratiquer la prise de décision. Il peut être très difficile pour un adulte de prendre des décisions sur sa carrière, son style de vie, son choix de partenaire, s’il n’a pas appris à exercer son propre jugement.
Pour les choix, il est préférable pour les jeunes enfants de leur donner le choix entre 2 possibilités sinon, ils risquent de se sentir perdu. Par exemple, on peut demander à un enfant s’il préfère mettre son pantalon gris ou son pantalon rouge. On ne va pas lui demander de faire son choix parmi tous les vêtements de son armoire. On lui demande également de choisir parmi les vêtements qui sont à sa taille, adaptés au temps qu’il fait et assortis. Au fur et à mesure qu’il grandira, on pourra lui laisser plus d’autonomie sur le choix de ses vêtements.
Autres exemples de choix :
  • « Nous partons du parc dans 5 minutes. Tu retournes sur le toboggan ou tu vas sur la balançoire ? »
  • « Qu’est-ce qui te convient le mieux ? Faire tes devoirs avant le repas ou après ? »
  • « Tu préfères prendre ton bain avec ta poupée ou avec ton camion ? »
Montrer à l’enfant que nous respectons ses efforts

Souvent, on croit encourager l’enfant en disant « c’est facile » mais ce n’est pas le cas. Si l’enfant réussi, il se dira qu’il n’a aucun mérite car c’était facile. S’il échoue, il se dira qu’il est vraiment nul pour ne pas avoir réussi quelque chose de facile.
Si on lui dit que ce n’est pas facile, l’enfant sera fier en cas de réussite et moins déçu de lui-même en cas d’échec.
Quand on respecte les efforts d’un enfant, il trouve le courage de terminer un travail difficile.
Exemples :
  • « Ca peut être difficile d’ouvrir un bocal. Parfois, c’est plus facile si on tape doucement sur le couvercle avec une cuillère ».
  • « C’est un travail bien délicat que de lacer les chaussures ».
  • « C’est parfois difficile d’additionner des fractions. Ce n’est pas facile de trouver le dénominateur commun ».
Ne pas poser trop de questions

Quand nos enfants rentrent de l’école ou d’une sortie, on veut tout savoir et on les assomme de questions. Mais les enfants peuvent percevoir ces questions comme une invasion de leur vie personnelle. Ils répondent alors « Je ne sais pas » ou « Laisse-moi tranquille ». Il ne s’agit pas non plus d’ignorer un enfant qui vient juste de rentrer à la maison mais un simple « Bonsoir, je suis contente de te voir » suffit. L’enfant parlera de ce qu’il veut quand il voudra bien le faire.

Ne pas se presser de répondre aux questions

Il est important de répondre aux questions des enfants car ça attise leur curiosité et c’est comme ça qu’ils apprennent mais il y a une façon de le faire : c’est de leur demander ce qu’ils en pensent EUX. Je fais souvent ça avec ma fille de 4.5 ans. Ca me permet de savoir ce qu’elle sait déjà sur le sujet car souvent, quand les enfants posent une question, c’est qu’ils ont entendu des choses et ils ont besoin d’une confirmation de ce qu’ils ont entendu ou d’être rassurés. Ca leur permet aussi de réfléchir aux réponses car ils sont bien plus malins qu’on ne pourrait le croire…

Encourager l’enfant à utiliser des ressources à l’extérieur du foyer

Vous avez sans doute remarqué que quand vous donnez des conseils à vos enfants… ils ne les écoutent que rarement ! Alors que si c’est une personne extérieure qui dit exactement la même chose, ils écoutent !
Alors autant en profiter pour encourager les enfants à se renseigner auprès d’autres personnes, notamment des professionnels ou des enfants plus âgés. Ainsi, ils sont moins dépendants de nous et savent qu’ils peuvent aussi compter sur le monde extérieur.
Exemples :
  • « Papa, mon poisson a l’air malade. Qu’est-ce que je devrais faire ? » « Je me demande si le propriétaire de l’animalerie aurait quelque chose à nous suggérer. »
  • « Tous mes amis ont des chewing-gums. Pourrais-tu m’en acheter ? » « Consultons le dentiste pour savoir ce qu’il en pense ».
  • « Maman, m’as-tu enfin trouvé un professeur de guitare ? » « Je fais encore des recherches. J’aimerais aussi que tu t’informes à l’école pour savoir si on recommande quelqu’un ».
  • « Papa, il faut que tu m’aides en mathématiques. Je suis tellement en retard ». « Que penserais-tu de demander à ton professeur de trouver un élève plus âgé qui pourrait t’aider, juste pour te rattraper ? ».
Ne pas supprimer l’espoir

En essayant de protéger les enfants contre les déceptions, on les protège contre l’espoir, l’effort, le rêve et, parfois, contre l’atteinte de leurs rêves. Laissons-les explorer et expérimenter. Si ce qu’ils veulent faire est vraiment impossible, ils s’en rendront compte par eux-mêmes.
Exemples
  • « Maman, j’essaie d’avoir le premier rôle dans la pièce de théâtre à l’école. Penses-tu que je vais l’avoir ? ». Au lieu de répondre « Regarde, je ne veux pas que tu sois déçu. Pourquoi vouloir le rôle principal alors que tu n’as aucune expérience du théâtre ? Peut être qu’il y a un plus petit rôle. » il vaut mieux répondre « Alors tu veux essayer le rôle principal ? Ca doit être toute une expérience ! »
  • « Je veux me trouver un emploi de gardienne d’enfants ». Au lieu de répondre « Tu es beaucoup trop jeune ma chérie. Personne ne voudra t’engager » il vaut mieux répondre « Tu crois que tu aimerais travailler comme gardienne ? Tu veux m’en parler un peu ? ».
  • « Peut-être que je serai une ingénieur quand je serai grande ». Au lieu de répondre « Avec tes résultats en mathématiques ? N’y penses plus ! » il vaut mieux répondre « Ah bon ! Tu penses à une carrière d’ingénieur ! ».
Dans la 2ème partie de cet article, nous verrons d’autres façons d’encourager l’autonomie des enfants.

Pour en savoir plus :
Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent de Faber&Mazlish