samedi 7 novembre 2015

Bienveillance ou laxisme ?

 Un point qui revient souvent quand on débute dans l'éducation bienveillante : on a tellement peur d'être dans l'autoritarisme ou dans la violence, qu'on est tenté de se dire "mais si j'accepte que mon enfant fait ça, je suis dans la bienveillance vis-à-vis de lui ou dans le laxisme ?"
Cette question, je me la suis posée et j'ai pu voir sur des groupe facebook traitant de la parentalité bienveillante que je n'étais pas la seule, loin de là.

Alors, comme faire pour être bienveillant sans tomber dans le piège de devenir laxiste ?

Et bien, la bienveillante vis-à-vis des autres, notamment nos enfants, commence par être bienveillant envers soi-même.

Cela signifie entre autre qu'il faut se connaitre, connaitre ses besoins et ses limites. Se poser la question : est-ce que ce comportement me gêne ? Si oui, pourquoi ? Sinon, à quel point je peux le tolérer, à partir de quel seuil je ne peux plus le tolérer ?

Pour vous donner un exemple : nombreux sont les parents pour lesquels il est hors de question de laisser un enfant sauter sur le canapé (j'avoue en faire partie). Les raisons peuvent être diverses : ça risque d'abimer le canapé, l'enfant risque de tomber et de se faire mal ou "ça ne se fait pas".

Il y a d'autre parents qui laissent faire ce comportement. Laxisme ? Peut être oui pour certains mais pas pour tout le monde. Après tout, si le canapé est vieux, s'il n'y a pas de table basse où risque de se cogner l'enfant en tombant, si les parents sont à côté pour éviter que l'enfant tombe... Les parents ont le droit de ne pas être gênés par ce comportement, ce n'est pas du laxisme de leur part, c'est juste qu'ils ont des besoins différents des nôtres.

Un autre exemple : le toboggan. Nombreux sont les adultes pour lesquels un toboggan, ça se monte dans le bon sens à savoir par l'échelle et non par la rampe de glissade ! J'avoue faire partie des adultes qui laissent les enfants monter "par le sens interdit" ! Pourquoi ? Pas parce que je suis laxiste mais parce que c'est un sacré challenge pour les enfants de monter de ce côté : ils prennent des risques certes mais mesurés (ils ne lâchent pas les mains pour avancer tant qu'ils ne sont pas surs de leurs appuis), ça fait travailler leur motricité, ils testent et dépassent leurs limites... et sont fiers d'eux une fois arrivés là haut tout seul !

En résumé : pour savoir si on doit accepter un comportement ou non, il ne faut pas se référer à l'avis des autres, à leurs regards, au "qu'en dira-t'on". La seule chose à prendre en compte, c'est notre ressenti à nous : est-ce que ça nous pose vraiment problème ? Si oui, alors on interdit le comportement en expliquant pourquoi. Si non, alors on peut le tolérer et tant pis si ça ne plait pas à tout le monde, à partir du moment où ça ne met personne en danger ou n'empiète pas sur la liberté des autres, bien sur !