lundi 21 mars 2016

Susciter la coopération de l'enfant : les habiletés de Faber&Mazlish




Nous avons vus dans les articles précédents comment susciter la coopération des enfants selon Jane Nelsen et la La discipline positive. Nous allons voir ici les 5 habiletés pour susciter cette coopération selon Faber & Mazlish et leur livre Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

Décrire ce que l’on voit ou décrire le problème

Par exemple : « la lumière est restée allumée dans la chambre de x ». Pas d’accusation, juste une description de ce qu’on voit, ça marche très bien avec mon fils de 3 ans. Des fois, il me répond, « c’est pas moi, c’est x qui l’a allumé ou qui est sorti en dernier ». Je réponds alors « je n’est pas dit que c’est toi qui a laissé la lumière allumée, je dis juste que je vois que la lumière est restée allumée », et ça marche, il va l’éteindre ou « se bat » avec sa sœur pour le faire.
Ca fonctionne aussi pour le rangement des affaires en disant par exemple "Je vois la guitare de Nolwenn par terre dans le couloir", "je vois les chaussures de Nolwenn dans le salon, je vois le manteau d'Elouan par terre"....
Autres exemples de description :
« La baignoire est presque pleine » (quand l’enfant laisse le robinet ouvert),
« Je vois que le chien commence à rôder près de la porte » (pour rappeler à l’enfant qu’il doit le sortir)…

Donner des renseignements

Des fois, les enfants ont un comportement inapproprié tout simplement parce qu’ils ne savent pas qu’ils font mal par manque de renseignements du à leur jeune âge.
Voici quelques exemples :
« Les enfants, le lait tourne quand on le laisse hors du frigo »,
« On met les trognons de pomme dans la poubelle »,
« Les murs ne sont pas faits pour qu’on écrive dessus. On écrit sur du papier »,
« Ca rendrait vraiment service si la table était mise. »
Attention, cette habileté est à adapter en fonction de l’âge de l’enfant. Si vous dites à un enfant de 10 ans que le lait tourne quand il n’est pas dans le frigo, il risque de croire que vous le prenez pour un imbécile et de mal le prendre !

Dire en un mot

Là encore, souvent un mot suffit mieux qu’un long discours plein de morale, de culpabilité et de blabla.
Isabelle Filliozat explique que les longs discours rentrent par une oreille et ressortent par l’autre. Alors que quand on dit un seul mot, ça passe par le lobe frontal et ça incite à la réflexion.
Quelques exemples :
« Les enfants : vos pyjamas » (pour qu’ils se mettent en pyjamas),
« Julie, ton goûter » (pour qu’elle pense à le prendre avant de partir à l’école),
« Robert, le chien » (pour le faire sortir)…
Attention, ne résumez pas le « un mot » en ne disant que le prénom de l’enfant. Si je dis « Elouan, la lumière » quand il sort d’une pièce sans éteindre la lumière, ça n’aura pas le même impact que si je dis simplement « Elouan ! ». Quand on dit uniquement le prénom de l’enfant sur un ton désapprobateur, celui-ci risque d’associer son prénom à la désapprobation (il aura peur de se faire gronder à chaque fois que quelqu’un l’appelle).

Parler de nos sentiments

Il s’agit en fait des "messages je" de Thomas Gordon. Là encore toute la subtilité consiste à dire vraiment ce qu’on ressent sans culpabiliser l’autre.
Voici quelques exemples :
« Je n’aime pas me faire tirer par la manche » (à un enfant qui a tendance à tirer sur nos manches quand il veut quelque chose),
« Ca m’énerve quand la porte reste ouverte. Je ne veux pas de mouche qui tourne autour de notre nourriture »,
« Je me sens tellement frustrée quand je commence à dire quelque chose et que je ne peux même pas terminer » (à un enfant, ou un adulte, qui coupe la parole),
« Je n’ai pas envie de me faire dire ce que je dois faire. Ce que j’aimerais entendre c’est « (par exemple) papa, je suis prête à partir. Peux-tu me reconduire maintenant ? » » (à utiliser quand les enfants vous parlent d’une manière que vous n’aimez pas).

Ecrire une note

Là encore, attention à ce que vous allez écrire et surtout comment vous allez l’écrire. Si vous mettez des mots en majuscule ou des « !!! » partout, l’enfant risque de le prendre pour une accusation et ça risque de ne pas produire l’effet voulu. Le mieux est de rajouter des touches d’humour (quand la situation s’y prête).
Quelques exemples de notes :
« Au secours ! Les cheveux dans mon tuyau me rendent malade. Gloup… Ton évier bouché » (au dessus du lavabo)
« S’il te plaît, replace-moi ici pour que je puisse sécher. Merci ! Ta serviette » (sur le sèche serviette)
« Cher Cyril, je ne suis pas sorti depuis ce matin. Donne-moi une chance… Ton chien »
« Le conte de ce soir est à 19h30. Invitation à tous les enfants qui sont en pyjama et qui se sont brossés les dents. Tendresse, Maman et papa »
« Cuisine fermée jusqu’au repas » (quand les enfants ont tendance à grignoter)
A savoir : les notes fonctionnent aussi chez les enfants qui ne savent pas lire. Quand ils vont voir le mot, ils vont demander ce qu’il y a écrit dessus et l’effet sera donc le même que pour un enfant qui sait lire.

Voilà, j'espère que tous ces outils vont vous aider au quotidien. Personnellement, je vois bien la différence avec mes enfants, surtout mon fils Elouan 3 ans qui se rebelle face à l'autorité : il coopère davantage quand j'utilise ces habiletés que quand je donne un ordre.

Pour aller plus loin, voici quelques livres :
La discipline positive de Jane Nelsen
Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent de Faber&Mazlish
PARENTS EFFICACES de Thomas Gordon