mercredi 27 janvier 2016

L'éducation bienveillante et les adolescents 2/2





Chose promise, chose due, voici les témoignages de parents que j’ai recueilli sur des groupes facebook traitant de l’éducation bienveillante. Je les remercie encore une fois d'avoir bien voulu se confier dans le but de cet article.

« Les gens vont toujours te dire qu'ils ont eu raison de donner claques et punitions... Une anecdote: mon mari a été éduqué avec bienveillance, tout comme son frère et ses deux soeurs. Les quatre ont eu une adolescence calme, sans bêtise majeure, et sont maintenant des adultes équilibrés et heureux. Ce sont pour 3 des 4 de merveilleux parents, ma belle-soeur sans enfants étant une merveilleuse tante. Le cousin de mon mari a été éduqué très durement, à la limite de la maltraitance. La tante de mon mari m'a dit un jour "quand même, tes beaux-parents ont eu une sacrée chance: jamais punir, jamais crier, jamais gronder, jamais frappé et les quatre ont bien tourné. Nous, malgré qu'on n'a jamais hésité à sévir, à frapper et à punir, on a eu des tas de problèmes avec notre fils" Et elle ne voyait même pas d'où venait le problème. »

« Je veux bien témoigner. Mon fils vient d'avoir 18 ans et une adolescence sans trop de problèmes. Il est bien dans sa peau, dans la mesure où on peut l'être à cet âge. Je l'ai éduqué dans la bienveillance mais sans les bouquins, juste en me basant sur ma propre éducation (oui, j'ai eu de la chance émoticône wink ) et mon instinct. »

« J'ai 2 grands de 15 et 13 ans. Élevés dans le maternage (cododo, allaitement long,...) et la bienveillance c'est à dire beaucoup d'écoute, de communication. Écouter et reconnaître les besoins de chacun pour mettre des limites justes. Faire confiance en leurs ressources. Ce n'est pas toujours tout rose, ils cherchent leur chemin, qui ils sont mais ça se passe toujours dans le respect, en lien. On parle de ce qu'on ressent, de nos peurs. Mon garçon de 15 ans a choisi l'internat ayant envie d'autre chose et voulant être chauffeur poids lourd. Il s'est senti prêt à prendre sa vie en main. Ma fille de 13 ans en besoin de sens dans ses études va choisir une orientation dans les arts. »

« Ah, ben alors moi je peux témoigner.

Je viens d'une famille élevée dans la bienveillance: ma fille est la 4eme génération à être élevée comme ça...
Mon arrière grand mère a élevée 10 enfants, mon arrière grand père étant décédé quand elle était enceinte du 10eme.
Ma grand mère maternelle a élevée 5 enfants comme ça (dont ma maman).
Mes cousins et cousines et moi même avons été élevés ainsi...
Et tous, n'avons eu aucun soucis adolescents.
Donc on n'est
plus sur du hasard.

D'autres pays aussi élèvent ainsi, et ne connaissent pas la "fameuse crise d'adolescence" dont on se gargarise en France pour se dédouaner des ses défaillances parentales en matière de respect de l'enfant.

Alors bien sûr, c'est une période de grands chamboulements, hormonaux, le corps qui change, une envie de liberté, un besoin de s'affirmer, on se cherche...

Dire que rien ne se passe serait un leurre et faux, Bien sûr oui.
Mais nous avons tous été élevés dans la confiance, le respect et la communication, du coup, aucun d'entre nous n'en a fait "baver" à ses parents: bien au contraire.
Aucun de nous n'est tombé dans la délinquance, ni drogue, ni alcool, et avons tous des vies d'adultes épano
uis.
On a eu des épreuves, comme tout le monde, mais nous avons en nous une très bonne capacité à rebondir (tous à notre façons avec nos personnalités différentes qu'on a su développer au mieux)
Le tout étant de bien identifier les besoins de chacun et de les respecter.
Ma puce arrive à ses 10 ans, je peux te dire que ceux dans ma belle famille qui riaient sous cape ou même bien franchement avec mes "méthodes" (dont j'étais plus que sure, au vu de mon parcours familial loin d'être "théorique"), et qui ont des enfants du même âge, ben aujourd'hui "rigolent" beaucoup moins...
Aujourd'hui, selon eux, j'ai de la "chance"...
(La chance que je me suis faite moi même ? si si j'insiste ! )

Mes amies (dont 3 ont des enfants maintenant adultes) ont élevés aussi leurs enfants dans la bienveillance: et idem, pas de soucis majeurs.
Bien au contraire, de très bonnes relations et une confiance parta
gée.
Ben oui: comme je le dis toujours "on a les enfants qu'on mérite"... 😕
Quand on apprend à un plus petit que soi, que son seul droit, c'est d'écouter le plus fort et de se taire...
Le jour où il se sent devenir plus fort, il fait "fermer sa gueule" aux autres (ses parents y compris).
Mon mari lui même venant d'une famille élevée dans les veo (voir même plus), était plus que sceptique au départ...
Et aujourd'hui il n'arrête pas de me dire qu'il adore notre vie de famille où ce n'est que rires, partages, communication, respect...
Alors que chez les autres, la "fameuse crise" d'adolescence commence déjà à faire des dégâts...
Alors non, ce n'est pas que de la théorie: quand on élève son enfant dans le respect de lui même, dans l'écoute, dans la communication non violente, il nous le rend bien.
Comme nous quoi: quelqu'un qui nous traite bien, on l'aime en retour.
L'enfant est un humain comme les autres, étonnant non ? »

« je peux donner un petit témoignage : ma soeur et moi n'avons pas reçu de coups de nos parents, et aujourd'hui nous sommes proches d'eux et toutes 2 convaincue du bien fondé d'une éducation sans violence. Notre adolescence a été un peu différente : je n'ai pas été en opposition envers mes parents, mais vers 15-16 ans je ne me sentais vraiment pas bien, et étais très repliée sur moi. Pour ma soeur, il y a eu beaucoup de disputes entre 16 et 18 ans. Ayant 6 ans de plus qu'elle, je me souviens qu'il y avait pas mal de conflits et d'opposition quand elle était petite, car elle n'aimait pas beaucoup de choses, donc les repas étaient souvent difficiles. Pas de fessée, mais des punitions, des étiquettes ou des mots stigmatisants, parfois du chantage. Il y avait plus souvent de disputes aussi entre mes parents à ce moment-là, ce qui à 10 ans m'a marquée, alors à 4 ans ça marque sans doute + encore... Le climat était donc plus stressant pour elle que pour moi, et ça a sans doute pas mal joué dans la manière dont s'est passée l'adolescence... »

« Eh bien je viens de lire ta demande très intéressante ... j'ai commencé la parentalité bienveillante peu à peu, au fil du temps et j'avoue ne la pratiquer comme je le souhaite vraiment que depuis environ 2 ans. Et pourtant après bien du travail de développement personnel et nombre de remises en cause, je suis parvenue à tout dévérouiller chez moi et ici, mes enfants bénéficient d'une très grande liberté ... Mes filles, âgées de 11 et 14 ans, sont à côté de moi là maintenant et elles sont outrées de lire que des personnes puissent penser qu'elles pourraient me mettre sur la g***** à cause de ma bienveillance. Pour ma part, j'ai désormais compris que ce sont plutôt les parents qui font une crise à l'adolescence de leur enfant qui commence à s'affirmer ... Les miens s'affirment depuis qu'ils ont 2 ans, alors forcément j'ai l'habitude mais surtout je respecte cela !!! paix »

« Un beau témoignage dans le livre de Leandre Bergeron "comme des invités de marque" racontant sa vie de famille avec ses 3 filles.
La crise d'adolescence n'est pas une "étape normale" s'il y a crise c'est qu'il y a problème les enfants devenues ados rentrant en crise tirent une nieme fois la sonnette d alarme pour sauver la relation avec leurs parents mais ces derniers complètement coupés de leur empathie n'y voient qu'une l'opportunité de redoubler dans leur autorité/domination/contrôle.
La phobie des parents à devenir amis avec leurs enfants conduit à des situations de crise comme celle de l'adolescence... »

« J'ai deux filles de 11 et 15 ans et je peux vous assurer que je me réjouie chaque jour de les avoir allaitées longtemps, portées, écoutées, jamais punies, ni menacées, ni rabaissées, ni culpabilisées, ni humiliées. Elles grandissent bien, sont de belles personnes respectueuses et aimantes. Ceux qui vous prédisent le contraire n'ont pas fait l'expérience de l'éducation bienveillante. Laissez les dire, cela rentre par une oreille et ressort par l'autre instantanément. Bonne continuation. »

« Notre fils est en plein dans l'adolescence, et avec de gros soucis (dépression, phobie scolaire, etc...). Les principes de l'éducation bienveillante nous ont aidé à traverser cette passe difficile. C'est d'autant plus important que les adolescents sont sensibles non seulement à l'injustice ressentie ou pas, mais également à la façon dont nous exprimons ce que nous ressentons. »

« Moi je témoigne en tant qu ancienne adolescente.
Ma maman était assez bienveillante (sans le savoir on en rit ensemble quand je lui fais lire les livres sur la bienveillance et qu'elle se reconnaît la dedans).
On a quand même été punis étant enfant mais très peu parce qu'elle s'est vite rendue compte que c'était pas extra.
Donc on est 6 enfants. Elle a été de plus en plus bienveillante parce qu'elle était très stricte au départ à cause de son éducation à elle.
Et bien je peux vous dire que les adolescences des plus jeunes se sont mieux passées que l'adolescence des deux aînés avec qui elle a été beaucoup plus stricte !
Ils ont eu de gros clashs, ma soeur fumait en cachette, ne prévenait pas quand elle rentrerait tard etc. Pas beaucoup de discussions mais beaucoup de disputes.
Mon frère pareil. Il les traitait de gros c
ons etc.
Puis moi la troisième elle a vraiment commencé la bienveillance et le dialogue. On pouvait exprimer nos opinions on pouvait participer aux décisions. Résultat, à part les deux premiers qui ont réussi par la suite mais qui n'étaient pas très scolaires, on a tous bien réussi à l'école sans que ma mère ne doive nous forcer à travailler, on donnait naturellement des coups de main et il n'y a pas eu beaucoup de disputes. C'était clair des le départ qu'on pouvait discuter.
Ma mère a été fort critiquée parce qu'elle ne nous forçait pas à faire certaines choses mais au final maintenant tous les gens qui lui ont dit ça lui disent à quel point elle a de la chance de nous avoir mdr. »

« J'ai commencé l'éducation bienveillante alors que mes garçons avaient 3 et 6 ans. Ils en ont aujourd'hui 11 et 14. Je ne sais pas si pour toi c'est assez petit. En revanche, la petite dernière a bénéficié de l'env dès sa naissance mais n'a que 3 ans aujourd'hui. Les gens pensent que l'env est synonyme de laxisme. Hors c'est tout le contraire...donc, constat aujourd'hui : avec l'expérience (ben ouhais, ça fait plus de 8 ans), je connais mes points forts de maman : championne en écoute active, en résolution de problème. Mes points faibles : j'ai du mal à lâcher prise sur certains domaine en rapport avec l'autonomie (le travail scolaire est un point sensible pour moi, je supervise encore pas mal...). En 8 ans de pratique, j'ai eu l'occasion aussi de montrer le bon exemple à mon conjoint qui, progressivement, a abandonné les cris punitions chantage pour des méthodes bienveillantes. L'éducation bienveillante nous a permis de clarifier nos attentes, nos valeurs parentales et pour le coup, se sentir suffisamment légitimes pour les appliquer aux enfants, pour dire et expliquer ce que j'attends d'eux. C'est important, ça, d'expliquer ce qu'on attend des enfants, d'échanger avec eux pour négocier les conditions d'applications des règles,...Donc, au travers un cadre très clair et ferme, nous avons rarement besoin de nous fâcher. Il nous est donc assez simple d'appliquer les valeurs bienveillantes qui nous sont chères : respect inconditionnel de l'enfant (pas d'insultes, humiliations...), espace suffisant à l'enfant pour s'exprimer sur ses difficultés, désirs, espoirs, questionnements. On a finalement très rarement besoin de sanctionner, puisque les règles sont très claires. Il y a qq jours, par exemple, le second de mes fils m'a manqué de respect. Ben pour le coup, je n'avais plus le goût de lui prêter mon ordi, il s'est privé seul d'une partie de détente numérique. Il a eu le droit par contre à un grand moment d'échange ou j'ai re expliqué en quoi le manque de respect m'était intolérable, et nous avons trouvé d'autres manières d'exprimer son agacement. Cela prend du temps l'éducation bienveillante, parce que finalement avec la veo, il aurait pu simplement se prendre une punition sans entendre réellement en quoi son attitude m'avait blessé ni faire l'expérience de réfléchir à d'autres façon de communiquer...et mes garçons vont bien il me semble »

Pour plus d’informations sur comment éduquer sans punir, il existe plusieurs sources :

Les livres de Thomas Gordon, Isabelle Filliozat, Faber & Mazlish…. Vous trouverez la liste des livres que j'ai lu ici.