vendredi 15 janvier 2016

Alternatives aux punitions : utiliser les conséquences







Contrairement aux punitions, les conséquences permettent de faire réfléchir l'enfant sur ses actes, elles lui permettent de se responsabiliser et de ne pas répéter ses erreurs. Elles n'ont pas pour but de le culpabiliser. L'enfant est face à son comportement et non face à la réprobation parentale, c'est pour cela que les conséquences sont efficaces.

Il existe 2 types de conséquences à un acte : les conséquences naturelles et les conséquences réparatrices.
C'est quoi la différence entre les deux ?

La conséquence naturelle est la conséquence que votre enfant va vivre tout seul, sans intervention de votre part. Par exemple, si votre enfant court et saute partout dans la maison, vous lui demandez de rester calme dans la maison et que s'il veut se défouler, il va dehors. Si votre enfant ne vous écoute pas et tombe et se cogne, la conséquence naturelle est qu'il se fait mal. Pas besoin de le punir ou d'en rajouter une couche genre "je t'avais prévenue, la prochaine fois tu m'écouteras". 

L'enfant a fait l'expérience par lui même des conséquences de son comportement. On peut par contre l'accompagner dans sa douleur en faisant preuve d'empathie "tu t'es cogné contre un meuble, ça fait mal. Mais tu sais, dans une maison, il y a beaucoup de meubles, dehors, il y a plus de place pour courir".

Autres exemples : si l'enfant ne fait pas ses devoirs et que vous le privez d'ordinateur, de télé ou de sortie avec ses copains, il s'agit d'une punition car c'est vous qui intervenez pour le priver de quelque chose qu'il aime. La conséquence naturelle de ne pas faire ses devoirs est d'avoir éventuellement à s'expliquer avec son professeur.
Si l'enfant ne met pas son linge sale dans le panier à linge sale, la conséquence naturelle est que le linge sale traîne dans la chambre et n'est donc pas lavé.
Bien sur, si les enfants sont encore petits, on les accompagne, on peut par exemple de temps en temps leur dire : "qu'est ce qui va se passer à ton avis si le linge sale reste dans ta chambre ?" pour les faire réfléchir et réagir.

Attention : dans certaines circonstances, il est trop dangereux de laisser l'enfant vivre la conséquence naturelle de son acte : par exemple si un enfant ne veut pas s'attacher en voiture, on ne le laisse pas traverser le pare brise de la voiture pour qu'il voit ce que ça fait ! Dans ces cas, on explique à l'enfant qu'il est obligatoire de s'attacher en voiture, que c'est la loi car sinon, c'est très dangereux et on lui montre qu'on est nous aussi attachés.

Attention également de laisser aux enfants le droit à l'erreur. Par exemple, on est en hiver, vous vous apprêtez à sortir dehors mais votre enfant ne veut pas mettre son manteau. La conséquence naturelle est qu'il va avoir froid. Dans ces cas là, on part avec son manteau (on ne le laisse pas à la maison en disant "tu ne l'as pas voulu, tant pis pour toi"). En effet, l'enfant a le droit de se tromper et de revenir sur sa décision. Dans la maison, il y a le chauffage, l'enfant ne se rend pas compte à quel point il fait froid dehors. Il est sorti sans son manteau et a fait l'expérience qu'effectivement, il fait froid dehors et il a lui même froid et il a besoin du manteau. A ce moment là, vous pouvez le lui donner en disant "dans la maison, il fait chaud parce qu'il y a le chauffage, mais dehors, ce n'est pas pareil, il fait froid". Si jamais même dehors votre enfant ne veut pas du manteau, c'est peut être qu'il n'a pas froid (on n'a pas tous la même résistance face au froid ou à la chaleur) ou alors il a froid et va connaitre dans quelques jours la conséquence naturelle de son acte : il sera enrhumé.

Je tiens à préciser afin qu'il n'y ait pas de mal-entendu qu'il s'agit là d'un exemple : je n'ai jamais sorti mes enfants ni les enfants que j'ai en accueil "à poil" en plein hiver par -10°. La bienveillance n'empêche pas le bon sens ! Comme dit plus haut, dans certains cas dangereux pour l'enfant, on ne le laisse pas expérimenter par lui même les conséquences de ces actes, s'il fait vraiment très froid, on insiste pour que l'enfant mette le manteau ou alors il ne sort pas, on ne prend pas le risque qu'il attrape une pneumonie !

Les conséquences réparatrices consistent pour l'enfant à réparer sa "bêtise" : prendre une éponge pour nettoyer le jus d'orange renversé sur la table, prendre un balai et une pelle pour ramasser les chips tombées par terre, écouter les émotions de la petite soeur qu'il a tapé... L'enfant aime réparer, cela lui prouve qu'il n'est pas "mauvais", ça lui apprend aussi que dans la vie, quand on fait une erreur ou qu'on fait mal à quelqu'un, il y a toujours possibilité de réparer.

Si l'enfant est trop petit pour réparer lui même, on peut trouver une autre réparation, en expliquant bien que ce qu'on lui demande de faire a un lien avec son acte. Par exemple, si votre enfant de 3 ans a cassé un vase, il ne peut pas le recoller lui même, vous pouvez donc lui dire "j'ai passé une demi-heure à réparer le vase que tu as cassé, du coup, je n'ai pas eu le temps de passer l'aspirateur dans ta chambre donc je te laisse le faire".

Voici un lien vers un document très intéressant qui explique bien les différences entre les punitons et les conséquences (ou sanctions éducatives) :

Pour aller plus loin, voici quelques livres qui parlent de l'éducation bienveillante et de l'usage des conséquences :
Faber & Mazlish : Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent
Isabelle Filliozat : J'ai tout essayé
Jane Nelson : La discipline positive