mardi 9 février 2016

Quand l'enfant a un problème : les 12 obstacles à la communication





Quand notre enfant rencontre un problème, il est important de savoir l’écouter, lui répondre pour lui faire comprendre que son problème nous intéresse, pour le faire parler et l’aider à trouver une solution de lui-même. Malheureusement, souvent, nous avons tendance à utiliser dans nos réponses ce que Thomas Gordon nomme dans son livre PARENTS EFFICACES les 12 réponses typiques qui sont des obstacles à la communication.

Voici la liste de ces 12 réponses typiques :
  • Donner des ordres, diriger, commander : dire à l’enfant de faire quelque chose, lui donner un ordre ou un commandement.
  • Avertir, mettre en garde, menacer : dire à l’enfant qu’il subira des conséquences s’il fait certaines choses.
  • Moraliser, prêcher, faire la leçon : dire à l’enfant ce qu’il doit ou devrait faire.
  • Conseiller, donner des suggestions ou des solutions : dire à l’enfant comment résoudre un problème, lui donner des conseils ou des suggestions, lui fournir des réponses ou des solutions.
  • Argumenter, expliquer, persuader par la logique : essayer d’influencer l’enfant par des faits, des arguments contraires, par la logique, l’information ou par votre opinion sur le sujet.
  • Juger, critiquer, être en désaccord, blâmer : porter un jugement négatif ou faire une évaluation négative de l’enfant
  • Complimenter, être d’accord, évaluer positivement, approuver : exprimer une évaluation ou un jugement positif, être d’accord. Il vaut mieux utiliser les compliments descriptifs.
  • Dire des noms, ridiculiser, faire honte : amener l’enfant à se sentir ridicule, lui accorder une étiquette, lui faire honte.
  • Interpréter, psychanalyser, diagnostique : dire à l’enfant quels sont les motifs ou analyser pourquoi il dit telle chose ou il agit de telle façon ; lui communiquer que vous avez découvert son jeu ou que vous avez établi son diagnostic.
  • Rassurer, sympathiser, consoler, soutenir : essayer d’amener l’enfant à se sentir mieux, effacer ses sentiments en lui parlant, essayer de faire disparaître ses idées, nier la force de ses sentiments.
  • Enquêter, questionner, interroger : essayer de trouver des raisons, des motifs, des causes ; essayer de ramasser des renseignements pour vous aider à résoudre le problème.
  • Esquiver, distraire, faire de l’humour : essayer d’éloigner l’enfant du problème ; éviter vous-même le problème ; distraire l’enfant, esquiver le problème par une blague, mettre le problème de côté.
Pourquoi ces réponses typiques sont à éviter ? Parce que l’enfant perçoit derrière des jugements tels que :
« Tu n’acceptes pas mon problème tel que je le ressens, tu veux que je change. »
« Tu n’as pas confiance que je puisse régler ce problème moi-même. »
« Tu veux dire que c’est ma faute. »
« Tu crois que je ne suis pas aussi intelligente que toi. »
« Tu penses que j’ai fait quelque chose de mal. »
« Alors, tu penses que mes sentiments ne sont pas tellement importants. »
« Tu ne peux pas m’accepter, avec mes sentiments actuels. »
« Tu penses que c’est moi qui ne suis pas bien, qu’il n’y a pas de problème à l’école. »
« Tu ne me prends pas bien au sérieux, je trouve. »
« Tu ne trouves pas que mon jugement sur l’école soit justifié. »
« Ca semble t’importer bien peu que je me sente malheureux. »

Ces réponses typiques :
  • portent à se refermer, à arrêter de parler,
  • portent à se défendre, à résister,
  • portent à argumenter ou à contre-argumenter,
  • laissent un sentiment d’infériorité,
  • suscitent de la rancune et de la colère,
  • portent à se sentir coupable ou méchant,
  • font sentir qu’on nous presse de changer, qu’on n’est pas accepté tel qu’on est,
  • donnent l’impression qu’on nous traite comme un bébé,
  • font sentir qu’on n’est pas compris,
  • donnent l’impression que nos sentiments semblent injustifiés,
  • donnent un sentiment de frustration,
  • donnent l’impression d’être témoin dans un procès et interrogé rigoureusement,
  • donnent l’impression que celui qui nous écoute n’est pas intéressé.
Comment répondre alors ?

Quand l’enfant vient nous voir et laisse un message sur ses sentiments ou problèmes, on peut y répondre par une « simple réception » (« je vois », « oh ! », « mm hmm… », « intéressant », « ah bon ! », « vraiment ? »,…) ou par une invitation à en dire davantage (« raconte-moi un peu », « j’aimerais en entendre davantage », « dis-en un peu plus », « je suis intéressé par ton point de vue », « aimerais-tu en parler ? », « vas-y, je t’écoute »…).

Lorsqu’on donne ces réponses aux enfants, ils entendent :
« Tu as le droit d’exprimer ce que tu ressens ».
« Je te respecte comme personne avec tes opinions et tes sentiments ».
« Je peux avoir des choses à apprendre de toi ».
« Je veux vraiment connaître ton point de vue ».
« Tes idées sont valables : ça vaut la peine de les écouter ».
« Je m’intéresse à toi ».
« Je veux être en contact avec toi, je veux mieux te connaître ».

Ce sont vraiment des invitations pour l’enfant à parler et à s’exprimer.

Thomas Gordon, qui était psychologue, voyait bien lors de ses consultations qu’il arrivait à faire parler les enfants et les adolescents grâce à cette technique et celle de l’écoute active là où les parents échouaient. C’est pourquoi il a décidé d’enseigner ces techniques aux parents lors des ateliers sur la parentalité et l’éducation qu’il a créé et dans ses livres.

Au début, ce n'est vraiment pas évident car les réponses typiques sont des réflexes qu'il faut perdre. C'est avec le temps qu'on y arrive.

Dans un autre article, je vais parler plus en détail de l'écoute active.

Pour aller plus loin, voici quelques livres de Thomas Gordon :
PARENTS EFFICACES
Parents efficaces au quotidien
EDUQUER SANS PUNIR