jeudi 27 octobre 2016

Carnaval d'articles sur l'éducation bienveillante

  Jennifer du blog http://astuces-bienveillantes.com/ m’a proposé, ainsi qu’à d’autres blogueurs, de participer à un « carnaval d’articles » dont le thème est l’éducation bienveillante. Le but est que chaque participant écrive, le même jour sur son blog, un article sur l’éducation bienveillante : notre définition de l’éducation bienveillante, notre point de vue sur ce mode d’éducation. Vous retrouverez sur le blog de Jennifer un résumé de tous les articles postés à cette occasion : http://astuces-bienveillantes.com/inedit-12-blogueurs-definissent-leducation-bienveillante/
Alors, comment je définis l’éducation bienveillante ? C’est tellement vaste…mais je vais essayer de faire au mieux dans cet article.


En France, on croit souvent qu’il n’existe que 2 types d’éducation : l’éducation autoritaire et l’éducation laxiste.
Ces 2 types d’éducation présentent des avantages et des inconvénients.

Dans l’éducation autoritaire, l’adulte est dominant et l’enfant est soumis. Cela apporte certains avantages :
-         les besoins de l’adulte sont satisfaits,
-         l’enfant a un cadre avec des règles.
Mais il y a également des inconvénients :
-         les besoins de l’enfant ne sont pas satisfaits et cela peut entraîner de la frustration, des colères, un désir de vengeance ou à dissimuler les choses,
-         un rapport de force important pour obliger l’enfant à se soumettre, l’emploi de menaces, cris, punitions voire châtiments corporels,
-         une baisse de l’estime de soi chez l’enfant et un sentiment d’incapacité.

Dans l’éducation laxiste, c’est le contraire : c’est l’enfant qui domine et l’adulte qui est soumis. Cela apporte comme avantages :
-         les besoins de l’enfant sont satisfaits,
-         l’enfant se sent aimé, compris.
Mais il y a aussi des inconvénients :
-         on n’écoute que l’enfant et ça peut créer chez lui un manque d’empathie et de compassion pour les autres,
-         l’enfant n’a pas de cadre qui lui permet de s’insérer dans la société, dans les groupes, de respecter les règles.
-         risque d’épuisement chez l’adulte.

Souvent les parents ne sont pas exclusivement autoritaires ou laxistes, ils oscillent entre les deux : quand tout va bien, on a tendance à laisser l’enfant faire, à l’écouter, à satisfaire tous ses besoins et désirs et puis quand un jour on en a marre du comportement de notre enfant, on bascule de l’autre côté et on devient très autoritaire, on crie, on s’énerve, on menace, on punit… C’est souvent un cercle vicieux dont beaucoup de parents ont du mal à sortir.

Heureusement pour les parents, il existe une autre forme d’éducation : l’éducation bienveillante, positive, consciente, respectueuse, démocratique… Il existe beaucoup de termes pour la qualifier. Moi, j’appelle ça l’éducation bienveillante car c’est sous ce terme que je l’ai entendu pour la première fois, mais après, j’ai envie de dire que ce n’est pas le terme qui compte mais plutôt ce qu’on met en pratique au quotidien avec nos enfants.
Alors ça consiste en quoi l’éducation bienveillante ? Et bien à prendre les côtés positifs de l’autoritarisme et du laxisme, mais sans les inconvénients ! Et oui, c’est possible et c’est une bonne nouvelle !

Dans l’éducation bienveillante, on oublie le système dominant / soumis : tout le monde est à égalité et on fonctionne sur un mode de coopération et de respect de chacun.
Pour que ça fonctionne, c’est d’abord  à l’adulte de respecter les besoins de l’enfant, de faire en sorte qu’il se sente aimé et compris et c’est à ce moment-là et uniquement à ce moment-là que l’enfant est alors capable de respecter les besoins de l’adulte ainsi que le cadre et les règles.
On oublie les menaces et les punitions ainsi que le chantage et les récompenses.

Pour la mise en pratique, ce n’est pas si simple.
- Ca demande de se remettre en question, de reconnaître que la façon dont on s’y prenait jusqu’alors n’était pas efficace.
- Ca demande de remettre en question l’éducation que nous avons reçu de nos parents, reconnaître qu’ils n’étaient pas parfaits et ont fait des erreurs avec nous. Ca ne veut pas dire qu’il faut leur en vouloir et transformer les repas de famille en règlements de comptes, non, juste reconnaître que comme tous les êtres humains, ils ne sont pas parfaits et ont fait des erreurs.
- Ca demande de changer de point de vue sur les enfants : de ne plus les voir comme des « méchants » qui nous testent, qui font exprès de ne pas nous obéir rien que pour nous embêter.
- Ca demande de se renseigner sur le développement des enfants (immaturité de leur cerveau, neurosciences…) pour comprendre que leurs comportements sont la plupart du temps normaux (même s’ils ne sont pas toujours acceptables en société) et pour mieux adapter nos demandes et attentes à leurs capacités.
- Ca demande de bien se connaître également : connaître nos besoins pour mieux les respecter et les faire respecter, connaître nos points forts, notamment avec nos enfants et connaître (et reconnaître) nos limites pour savoir quand dire « stop » à l’enfant avant que la situation dégénère.
- Ca demande surtout d’accepter que nous ne sommes que des êtres humains et que nous ne sommes pas parfaits et faisons des erreurs. Pratiquer l’éducation bienveillante, ce n’est surtout pas se mettre la pression pour devenir un parent parfait ! Ce n’est pas non plus culpabiliser à chaque erreur qu’on fait.

Bref, ça prend du temps. Il ne suffit pas de lire un livre sur l’éducation bienveillante pour se dire, « demain, je mets tout ça en pratique et il n’y aura plus jamais de problèmes, de cris et d’énervement, tout sera parfait ». L’éducation bienveillante, qui inclue la bienveillance envers soi-même, implique un travail sur soi. C’est le chemin de toute une vie.

Je pratique l’éducation bienveillante depuis maintenant 2 ans, ma fille avait alors 3 ans et mon fils 2 ans. Avant, je pratiquais l’éducation classique avec les menaces et les punitions. Les punitions étaient vraiment sans effet sur mon fils. Je passais mon temps à m’énerver auprès lui et à crier. Comme je le dis souvent, l’éducation bienveillante m’a sauvé la vie. Je suis passée du mode « punitions » au mode « solutions ». C’est peut être un peu plus long à mettre en place mais c’est bien plus efficace sur le long terme. Je ne sais franchement pas où j’en serais aujourd’hui si je ne l’avais pas mis en place chez moi. Je crois que j’aurais fait un gros pétage de plomb, je pense que j’en serais réduite à en venir aux mains avec mes enfants, comme le font tous les parents qui ne savent plus quoi faire.

C’est pour ça aussi que j’ai créé mon blog il y a un an maintenant : pour venir en aide à tous les parents qui rencontrent les mêmes difficultés que j’ai pu rencontré avec mes enfants et on est vraiment nombreux.

Bon carnaval d’articles sur l’éducation bienveillante à tous et n’hésitez pas à partager ces articles autour de vous.